Atelier de sculpture
27 rue Etienne Dolet
75020 Paris
Tél. +33 (0)6 64 89 60 51
atelierpaola@bbox.fr
D'où Ma première rencontre avec la sculpture se produit à l'âge de vingt ans en 1987, alors que je suis étudiante à l'université. Je ne sais toujours pas pourquoi une affiche pour des cours de sculpture retient mon attention. Il y a des choses enfouies en nous, qui nécessitent un déclencheur pour émerger. Je travaille quelques mois chez une femme sculpteur dans les Yvelines. Avec elle je découvre la pierre. Depuis la rencontre avec cette matière, celle-ci est devenue partie intégrante de ma vie. Commence alors la recherche d'un maître pour me guider, pour mieux appréhender techniques et matériaux. Les cours se succèdent. Durant quelques mois, j'apprends la technique de base du moulage au plâtre dans un cours au Chesnay (78). J'y découvre également l'argile. En 1991, je suis pendant une dizaine de mois, un cours de modelage à Paris dans le 18ème, et un cours de dessin dans le 2ème. Après avoir aménagé un balcon et ensuite une cave en atelier, je monte un atelier situé à Neuilly-Plaisance (93) avec une amie, dans une usine désaffectée. Nous décidons en 1992 de fonder une association loi 1901 : La Vita Nova. Nous organisons des stages : cette amie anime les cours de dessin, et moi ceux de modelage. Le lieu nous est retiré pour cause de démolition. Georges Charaire, peintre, graveur, poète, philosophe, m'initie à la gravure. Artiste profondément attaché aux problèmes des droits de l'homme, son enseignement ne s'est pas limité à la technique et a enrichi ma façon de voir ce qui relève du vivant. Lors d'une exposition de groupe au Centre Culturel Coréen de Paris, j'expose quelques unes de mes gravures : poèmes illustrés sous forme d'estampes. Au fur et à mesure, cette activité prend de plus en plus place dans ma vie, et ce qui était un loisir suscite en moi quelque chose de beaucoup plus vital. Surviennent alors les doutes et faire comprendre cela à mon entourage ne s'avère pas chose facile. Je me cache derrière mes peurs, ne réalise que très peu d'oeuvres durant cette période. Depuis ma première rencontre avec la pierre dix ans se sont déjà écoulés. Maintenant c'est dans mon appartement que je travaille la terre, le plâtre et la pierre ; ma relation avec cette matière se complique. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pouvoir la dominer, manque de savoir-faire, manque d'humilité. Manquant de technique également pour la terre, je travaille sans filet, sans toujours savoir où je vais. Le hasard d'un volume ne constitue pas une ligne directrice satisfaisante. Le hasard en art peut être source d'inspiration mais pas d'aboutissement. Je deviens élève du sculpteur Petrus et je découvre le "nu". Pour la première fois, je travaille en modelage d'après modèle vivant, j'essaye d'affiner mon regard, d'apprendre la lecture d'un volume. Après la séance avec le modèle, la terre est détruite. Je la malaxe à nouveau et elle me sert pour la séance suivante. Exercice après exercice, je comprends ce qu'est un plan, un volume, une ligne : j'entrevois l'harmonie. L'aventure du corps humain est infinie. C'est pour moi, désormais, le point de départ de ma réflexion artistique. Mais c’est la pierre qui m’attire ; mais je n'ose pas... Et puis le temps passe et alors c'est face au "nu" que je m'attaque donc à ma première pierre et c'est bien en faisant ce travail que je me sens vivre. "L'art" ne s'apprend pas. Janvier 2000, la nécessité de trouver mon atelier devient une évidence. Je m'installe en août 2000, rue St Maur, dans le 11ème arrondissement. Je reprends néanmoins un travail à temps partiel pour assurer le loyer cet atelier. Je prend mes repères dans ce nouvel endroit partagée entre ce travail à mi temps, les cours de modelage d'après modèle vivant que je mets en place, et mon travail personnel et je m’équipe au fur et à mesure de nouveaux outils. Neuf ans se passent en un clin d’œil, et revient l’urgence de se remettre dans une situation encore plus adaptée à soi. Je décide de me trouver un lieu et de chercher à acheter un petit atelier dans lequel je me sente chez moi, poser mes valises, mes cailloux et enfin entamer une réflexion plus suivie de mon travail. C’est tout récemment, début 2009 que je viens de trouver mon lieu à Ménilmontant. C’est une manière également de me réengager dans l’aventure de la pierre ; et cela implique que petit à petit en dehors des cours de modelage que je continuerai à donner, mon temps sera dédié de plus en plus à ce travail, soit si solitaire mais justement dans le but de parler aux autres, de communiquer comme je le peux avec l’extérieur, avec cette prétention si essentielle de vouloir offrir aux autres un peu d’émotion. Paola Palmero |
Oł Le travail de la pierre est un défi continuel, une prise de décision irrémédiable. La pierre, la main, la pensée : « La main pense et unit la pensée à la matière » Brancusi. Par seul retranchement, l’espace de la recherche semble réduit et à la fois un infini s’ouvre devant moi chaque fois que je commence une sculpture. C’est une joie intense de voir surgir la forme que je porte en moi et à la fois quelle angoisse de taper, caresser, râper la pierre et de voir que cela se rapproche... mais que ce n’est pas encore ça... de quel côté faire évoluer la gradine pour que cela vienne toucher la juste émotion ; celle de nous tous. De toute évidence quelque chose me lie au « corps », à son expression, à sa nécessité d’exister. Je suis sensible au mouvement de la peau, au muscle qui s’étire, à l’os que l’on perçoit. Le corps est la toute première chose que l’on « naît » et que l’on « est » et tout à la fois la première chose qui nous met en relation avec le reste du monde. Le début de mon travail s’organisa ainsi : de manière très académique, sculpter le nu en pierre - avec un modèle vivant dont je m'inspire pour la pose, pour l'harmonie des lignes, ou sans modèle, avec directement la vision de la pose - c'est risquer de ne pouvoir sortir les proportions qui amèneront à cette harmonie. Mais l'harmonie du volume ne suffit pas. Un volume sans émotion, ou sans musique peut être esthétiquement parfait, mais il ne parlera pas. Les années passants, je m’éloigne de ce travail classique et romps le modèle (mais pas l’idée du corps) aspirant ainsi à une lecture du volume plus directe moins codifiée. De fait : des oeuvres moins figuratives, plus intimes, des contradictions entre arrondis et angles. Prenant le parti d’avancer, d’évoluer, de risquer, sans trop penser Je suis une femme qui travaille, qui évolue, qui cherche et qui se cherche, qui doute et qui confirme encore une fois cet élan vers la pierre. Après tout cela je retiens une chose essentielle : ce point de rencontre entre la matière et soi, entre l’esprit et soi, ce moment magique où toutes les facettes d’une seule personnalité s’emboitent les unes dans les autres pour ne plus faire qu’un, un moment unique où la vie acquiert tout son sens. Paola Palmero |
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Paola est née à Turin,
en Italie en 1967.
Elle vit à Paris depuis
de nombreuses années.